QATAR 2022

7 mai 2021

Quand les médias ce trompent de cible !

Il est tentant à un peu plus d’un an de la Coupe du monde de Football au QATAR, de ressortir telle une ritournelle, les (toujours) mêmes arguments contre le Pays hôte : une aberration écologique pour les uns, un déni de démocratie pour les autres, et de constater l’empressement que prennent certains grands médias nationaux, sans aucune réserve déontologique, à restituer au chiffre prés, les accidents survenus sur les chantiers d’infrastructures sportives.

A l’instar des nombres de décès COVID, les données délivrées méritent bien plus d’analyse. Quelle est l’assiette retenue ? Le nombre d’habitants pour les uns, le nombre de travailleurs en poste sur une année pour les autres ? Qui établit les données et qui les communiquent ?

Méfions-nous une fois de plus des effets grossissants des unes de journaux !

Un exemple avec le Brésil qui subit une puissante vague de réprobation en raison du nombre de ses décès COVID, qui après analyse, ne sont que très légèrement supérieurs à ceux de la France : 0,0045 décès par habitant en sa défaveur. Pour le Brésil et bien au-delà des nombres, c’est la bienséance morale qu’il faut prendre en compte.

A qui profite le crime ?

Bien évidemment, personne n’en fait échos mais le premier ordonnanceur est l’Arabie Saoudite de Mohammed Ben Salmane. Cela fait des années que le petit émirat du Qatar joue les trublions dans la région, en refusant de se plier au diktat de son grand voisin. Renforcée un temps par l’accommodation Trumpienne, l’Arabie Saoudite n’a cessé de déposer des peaux de bananes économiques, diplomatiques, médiatiques.

Ces dernières sont redoutables car à plusieurs bandes via de grandes agences de communication, des influenceurs, des lobbystes, voir des ONG.

Comment les reconnaître ?

Les ordonnanceurs s’appuient sur des « passeurs influenceurs » qui règnent en maître (en France) depuis 15 années sur les étables des grandes surfaces de distribution de livres, ils sont très souvent invités sur les plateaux de TV grands publics, Georges Malbrunot, Christian Chesnot, Jean-Pierre Filliu et de nombreux autres encore, pour promouvoir leurs pamphlets… car le Qatar est un produit qui fait vendre.

D’autres agissent dans l’ombre sous couvert de leurs verticales, l’évènementiel sportif pour Amaury sport Organisation, ou le marketing politique pour Publicis. Leur stratégie est l’encerclement et ça marche, le nombre d’articles de presse et de messages anti-coupe du monde qui ne cessent de grandir au fur et à mesure de l’approche de la date fatidique. Ce sont pourtant les mêmes qui passent à la concurrence, le projet vision 2030 de l’Arabie Saoudite fait suite au projet QATAR vision 2030 lancé 20 années plus tôt. Certains comme Jacques Attali, ex-conseiller personnel de plusieurs présidents français et étrangers en ont été des fidèles lobbyistes (à la manœuvre pour promouvoir le Forum du désert en Arabie Saoudite).

Dans cette région du monde que convoitent les grands de ce monde, il est très difficile de faire la part des choses et de faire preuve de discernement, mais entre accueillir un Paris-Dakar dans le désert d’Arabie Saoudite et une coupe du monde au Qatar, celui qui s’expose le plus est bien le Paris-Qatar,  car celui ci concentre en son sein, bien plus d’ingrédients inflammables. Pour le Qatar, il s’agit de montrer au monde combien son pays ne marche pas dans les mêmes traces que son voisin Saoudien. Ne partageant pas la même histoire, ces deux pays Sunnites ne visent pas le même point d’arrivée.

Est-il possible d’objectiver ?

S’il est difficile de décrypter le vrai du faux dans cette partie de billard géante, il n’est interdit pour personne de s’informer et de croiser ses sources. Pour toute analyse, l’important n’est pas la photographie mais le film de la situation, et sur ce point le Qatar a une vraie longueur d’avance sur son voisin sur de multiples sujets, droits de la famille, parité homme femme, codes de conduite en société, liberté d’entreprendre, tolérance envers les chiites, et tout autre culte monothéiste, dialogue avec les frères musulmans, considération envers les rebelles Houtis, échanges amicaux avec l’Iran et la Turquie.

Fondé par des peuples bédoins sortis du désert, mû par un environnement naturel instable, le Qatar est à l’image de son emblème : l’Oryx, animal en voie de disparition qui a su par résilience et confiance, résister à tous les défis.

Et la coupe du monde de football 2022 dans tout ceci ?

Si on s’en tient aux seuls faits de la préparation à la coupe du monde, le Qatar progresse à une vitesse prodigieuse et exceptionnelle. 90% des grandes infrastructures (stades, métros, autoroutes, hôtels) sont achevées. La coupe du monde ne va pas changer radicalement le pays mais il va indéniablement le faire connaître au monde.

En matière d’éducation, de culture, de sport, de loisirs, de tourisme, de santé, le pays collabore déjà avec les meilleurs mondiaux, et se souvenir toujours que le pays ne compte que 2,8 Millions d’habitants dont 80% d’étrangers d’Inde, du Pakistan, Irak, de Syrie, du Bangladesh etc…

A l’échelle de la France et toute proportion gardée, c’est comme si nous avions 280 millions d’immigrés, imaginez un peu les sujets de droits de vote, d’aides sociales, de visas etc…

La coupe du monde 2022, une empreinte sportive versus une empreinte sociétale ?

La coupe du monde football se déroulera bien car tout est prévu pour qu’elle soit une réussite, déplacée en novembre/décembre pour bénéficier de températures plus basses, pourquoi un pays chaud sous de telles latitudes, n’aurait-il pas le droit d’organiser un événement sportif majeur ?

Ce débat nous fait revenir inlassablement à la question de l’inné et de l’acquis et même au-delà à la notion de mérite. Moins bien lotie sur le plan climatique, le Qatar a la chance d’avoir des réserves de gaz liquide incommensurables, et alors ? La France à du blé et 4 saisons, la Norvège du pétrole et du Saumon, le Canada du bois, l’Australie la plus grande barrière de corail, la Chine la plus grande population mondiale, etc…

La question n’est pas tant de constater que nous ne disposons tous des mêmes conditions de vie selon nos pays de naissance, que de mettre en place des outils pour compenser ces données de départ. A preuve du contraire, le Qatar est pour les immigrés un pays qui permet de compenser partiellement ses données de départ, via les salaires qui sont de 2 ou 3 fois supérieurs à ceux qui restent travailler au pays, et rappeler que ces immigrés sont venus seuls et ont laissé leurs familles au pays. De même et concernant leur responsabilité sur les émissions de CO2, fréquemment critiquées sur la scène internationale, le Qatar tente désormais de redorer son blason en devenant une référence pour toutes les initiatives en matière de développement durable et d’énergies renouvelables dans sa région.

L’objectif : créer un environnement plus propre sur le plan énergétique et ainsi contribuer à la résolution des problèmes reliés aux changements climatiques. Il a tout de même promis des stades fonctionnant à l’énergie solaire pour la Coupe du Monde de la FIFA qui se déroulera sur son sol en 2022. S’il réussit, il se démarquera en tant que chef de file dans sa région.

L’évènementiel sportif de grande envergure est au sport ce qu’est le film Blockbuster au 7ème art. Construire une équipe Qatarie de handball ou de football en naturalisant des joueurs étrangers n’est de ce point de vue pas critiquable si une vraie stratégie de promotion de la pratique sportive pour tous est active dans le pays.

Les enjeux sportifs pour le Qatar sont similaires en cela à ceux des pays occidentaux : faire chuter l’obésité des jeunes (une des plus haute au Qatar), produire du lien social, produire de la confiance en soi, retarder la dépendance, et accessoirement favoriser la notion de mérite. Prétendre comme le fait Christian Chesnot dans son dernier livre, faire de la Coupe du Monde, une vitrine des anomalies de cette région du monde, est une revendication émotionnelle forte visant à faire du bruit pour sa propre « gloriole ». Le football est un sport revendiquant un langage universel, en cela il est un bien commun quel que soit son terrain de jeu.

Ne jugeons pas le terrain de jeu mais ceux qui établissent les règles de jeu.

Pierre Distinguin, CEO Pulp
Expert en attractivité

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